Actualités
Vincent Peillon : “Le PS doit permettre à une nouvelle génération d’accéder aux responsabilités”
VINCENT PEILLON. Je crois que Ségolène Royal a dit clairement ce qu’elle veut faire : à la fois changer l’orientation du Parti socialiste, le transformer, et renouveler les équipes. Elle a compris qu’il ne suffit pas de désigner un responsable, il faut construire une majorité autour d’une équipe soudée et loyale, et c’est le problème du Parti socialiste aujourd’hui.
France soir : François Hollande rappelle que les statuts prévoient aussi que le signataire de la motion arrivée en tête doit construire le rassemblement…
Vincent Peillon : François Hollande est obsédé par les questions de personnes. Chez nous, le premier signataire est Gérard Collomb. Nous sommes une équipe autour de Ségolène Royal. Nous agirons ensemble, avec Jean Louis Bianco, François Rebsamen, Aurélie Filipetti, Delphine Batho, etc. Nous nous parlons, nous nous voyons, nous nous écoutons et nous chercherons la meilleure solution pour que le congrès de Reims soit un congrès réussi.
Sur quelles orientations ?
Nous devons construire un parti plus en phase, plus offensif sur les problèmes des Français, les retraites, l’Europe. Il y a des années que nous n’avons pas de doctrine. Nous voulons un grand parti de masse, ouvert sur le monde, qui travaille avec les associations, qui consulte les partenaires sociaux.
Le PS doit permettre à une nouvelle génération d’accéder aux responsabilités. Il faut une respiration naturelle et non le statu quo permanent. La plupart des signataires de la motion de Bertrand Delanoë dirigent le parti depuis vingt ans ! Le PS doit à nouveau devenir le parti du mouvement.
Quel est plus précisément votre programme ?
Notre motion est la seule qui s’inscrit dans la continuité de la campagne présidentielle. Nous voulons poursuivre ce combat pour arriver à un nouveau modèle de développement reposant sur trois piliers, l’économie, l’environnement et le social d’une part, et d’autre part à une refondation républicaine de nos politiques publiques en inscrivant la recherche de l’égalité au cœur de cette politique, avec une révolution fiscale, une démocratie plus parlementaire, et une relance de la décentralisation. Il faut être plus rigoureux sur la politique de lutte contre les inégalités.
Redoutez vous le « Tout sauf Royal » ?
les militants socialistes savaient que Ségolène Royal avait des convictions, du courage. On la vu lors des attaques de la part de la droite et de son propre camp.
Il pouvait y avoir des interrogations sur son sens de la responsabilité par rapport à notre famille politique ; c’est elle qui a fait preuve du plus grand sens des responsabilités puisqu’elle n’a pas fait de ce congrès un enjeu de personne.
Vous concentrez vos critiques sur Bertrand Delanoë. Vous seriez donc plus favorable à un rapprochement avec Martine Aubry ?
C’est une personnalité tout à fait estimable et elle semble également considérer que nous avons des problèmes lourds à traiter avant les questions de personnes.
Nous n’avons aucun préjugé, nous ne sommes pas intéressés par le passé, les tactiques qui ont détruit notre vie en commun. Les socialistes doivent se réunir autour d’une ambition commune, d’un projet commun. Martine Aubry est évidemment concernée, comme d’autres.
