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Royal dénonce le "régime du mépris" de Sarkozy
La méthode du président de la République pour tenter de faire adopter la réforme des institutions témoigne d’un "régime du mépris généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine", estime la présidente PS de Poitou-Charentes. "Tout le monde est malmené", ajoute-t-elle, citant le Premier ministre, le Parlement, la justice et les syndicats.

Ségolène Royal a parlé de "coïncidence" entre l’effraction de son appartement et ses critiques de Nicolas Sarkozy
Nouvel épisode de la bataille entre les deux ex-candidats à la présidentielle. Mardi soir, sur France 2, Ségolène Royal a trouvé qu’il y avait une drôle de "coïncidence" entre l’effraction de son appartement et ses critiques de Nicolas Sarkozy.

Présentation de la contribution

Retrouvez le film de notre contribution "combattre et proposer", et les discours.

Voici notre contribution !

Chères amies, chers amis,

J’ai le plaisir de vous annoncer la publication de notre contribution. Nous l’avons présentée à la Maison de la Chimie ce matin. Vous pouvez aller la lire sur le site « Congrès utile et serein » et, si vous le souhaitez, y joindre votre signature.


Ségolène Royale : "Combattre et proposer"
Ségolène Royal a exhorté samedi 28 juin plus d’un millier de partisans à "avancer droit devant en ne regardant que les dégâts de la droite pour les combattre", en présentant à Paris sa contribution en vue du prochain congrès du Parti socialiste.

Ce que j’ai toujours dit sur la question du libéralisme et ce que je redis
"Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l’opprobre sur le mot lui-même (…).

Intervention de Ségolène Royal sur la démocratie participative

À l’occasion des 4èmes Rencontres Europe-Amériques sur la démocratie participative, le 23 mai 2008, à la Maison de la Région Poitou-Charentes

Intervention de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes


Ségolène royal sur RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : Bonjour

Les enseignants étaient assez nombreux, hier, dans les rues de Paris pour manifester. Etes-vous favorable, Ségolène Royal, à un service d’accueil des élèves, les jours de grève dans l’Education nationale ?

Je pense que tous les élèves doivent être accueillis à l’école.


Ségolène Royal sur France 2

Laurent DELAHOUSSE Bonsoir Ségolène ROYAL, merci d’être avec nous. Cette fois-ci c’est fait, vous êtes donc candidate au poste de premier secrétaire du Parti socialiste.

Ségolène ROYAL Oui, mais vous savez cette phrase a été prononcée au terme d’une longue intervention de trois quarts d’heure…


Déclaration de candidature de Ségolène Royal
Le 16 mai 2008, à La Bellevilloise, dans le XXè arrondissement de Paris.

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Actualités

Sauver l’université, vite

Du vent de révolte qui balaye le monde universitaire, on retiendra peut-être d’abord un symbole : la réhabilitation ironique, jubilatoire et nécessaire de la Princesse de Clèves, livre de ralliement des humanités en danger, devenu le fer de lance d’une certaine idée de la culture, gratuite et abstraite du court terme.

Mais au-delà, le front inédit qui s’est constitué, de la droite à la gauche, sonne le glas d’un mode de gouvernement injuste et inefficace. L’alliance du mépris et de l’incompréhension aura été à l’origine d’un conflit dont tout montre qu’il aurait pu, comme bien d’autres, être évité. Car s’il y a un côté pile de l’enseignement supérieur et de la recherche en France (des étudiants de plus en plus mobiles, une attractivité réelle, liée au succès de filières de formation internationalement reconnues, des prix prestigieux remis à des équipes à la pointe de leur discipline), tout le monde admet aussi l’existence d’un côté face : une France classée loin derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou les pays scandinaves dans les classements internationaux, des moyens inadaptés à l’ambition affichée, une profonde dissémination des options et des cursus, un échec massif en premier cycle.

Oui, le besoin de réformes est d’autant plus grand que des études récentes, notamment celle réalisée par Philippe Aghion pour l’institut Bruegel, confirment le lien entre enseignement supérieur et recherche d’un côté, croissance et innovation de l’autre. Tout montre que trois conditions sont nécessaires pour assurer de bonnes performances universitaires : des moyens financiers adéquats ; une gouvernance conçue autour d’universités autonomes et disposant de la liberté de choisir leurs enseignants ; un système de bourses pour encourager les meilleurs projets. Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé. Enseignants-chercheurs, professeurs et maîtres de conférences, étudiants et parents, personnel administratif des universités : tous sont lucides sur les forces et les carences de notre système supérieur, tous aspirent à des réformes justes et nécessaires. Mais ils attendent pour cela de l’impartialité dans les diagnostics, du respect dans le dialogue, de la justice dans les décisions. Par-dessus tout, ils souhaitent que le savoir et la recherche soient reconnus comme des biens publics, dégagés des contraintes du monde de l’entreprise.

C’est hélas une ligne diamétralement opposée qui a été tracée. Avec la loi dite LRU, on a accordé l’autonomie de gestion à des universités en voie de profonde paupérisation, organisant ainsi, à rebours d’une saine émulation, une véritable « normalisation par le bas ». Surtout, l’autonomie elle-même a été mal conçue : elle a consisté à concentrer les pouvoirs entre les mains de présidents élus par les seuls professeurs, sans prévoir les contrôles externes indispensables. Un rapport récent dénonce précisément la confusion entre autonomie et self-governance, cette dernière présentant un risque élevé de collusion entre le président et des professeurs choisis par lui.

La suite de l’histoire était écrite. Dans le sillage de la loi LRU, on a voulu instaurer une modulation de services confiant aux présidents la responsabilité de gérer la pénurie de moyens et d’effectifs… Transformer l’enseignement en punition pour chercheurs jugés peu productifs et compenser ainsi la diminution des effectifs, il fallait y penser ! Le mépris pour la transmission du savoir, les contrevérités sur l’absence d’évaluation, tout indique la volonté de mettre au pas un monde où se forgent encore des esprits libres. Le coup de grâce donné aux IUFM, dont nul ne contestait la nécessaire évolution, en est le signe : derrière l’économie budgétaire, c’est un apprentissage fondamental que l’on supprime, comme si un master suffisait à former un professeur.

Oui, l’occasion de remettre l’université au cœur de notre enseignement supérieur a donc été manquée, mais rien aujourd’hui ne serait pire que de l’abandonner à son sort. Marginalisée depuis trop longtemps, elle attend qu’on la sorte enfin de son purgatoire. Du travail mené durant plusieurs mois avec des universitaires et des étudiants, des déplacements effectués en France et à l’étranger, je retiens trois grands chantiers pour l’avenir.

Mettre fin à l’extrême fragmentation du supérieur, source d’inégalités entre étudiants et d’inefficacité budgétaire. Face à la concurrence de classes préparatoires et de grandes écoles dotées de moyens incomparables (on dépense chaque année 6 000 euros pour un étudiant contre 20 000 euros pour un préparationnaire), l’université ne devient pour beaucoup qu’un second choix. Mais ce cloisonnement ne profite même plus aux élèves en écoles, ces dernières étant trop petites pour bénéficier d’une aura mondiale. Le rattachement progressif des classes préparatoires et des écoles à l’université pourrait être le moyen de créer des centres universitaires dotés d’une taille critique suffisante.

Assurer une pluridisciplinarité salutaire, notamment dans le premier cycle. La fragmentation n’est pas seulement institutionnelle, elle est aussi académique : à moins de 20 ans, les étudiants sont contraints de choisir une fois pour toutes quelle sera leur voie. Nous devons au contraire leur assurer un enseignement large, ouvert, qui transcende les divisions sectorielles. Ceci, afin que le premier cycle universitaire devienne le moment de l’ouverture d’esprit, de la découverte des savoirs et de la multiplication des compétences qu’il devrait être. C’est ce que souhaitent les étudiants, mais aussi leurs futurs employeurs.

Combiner une augmentation des moyens, une autonomie véritable et un système d’évaluation collective. Pour nous hisser au niveau des pays scandinaves, une hausse d’environ 0,7 % des dépenses en faveur du supérieur est indispensable. Elle seule permettra d’améliorer le taux d’encadrement et donc la réussite des étudiants, deux sur trois échouant aujourd’hui en premier cycle. Il faut ensuite octroyer une véritable autonomie aux universités, sans oublier les contre-pouvoirs nécessaires pour évaluer et nommer les présidents. Enfin, un système d’évaluation collective des performances universitaires pourrait être créé, comme c’est le cas en Suède. Au terme d’un processus d’évaluation par les pairs, seraient alors récompensées les bonnes performances de recherche des départements, la qualité des enseignements et l’employabilité des étudiants formés.

Nous devons à nos étudiants des universités qui soient les véritables centres de gravité du savoir et de la culture. Mais ce changement ne pourra se faire sans un climat de confiance et de respect envers tous les acteurs du monde universitaire. Espérons que le gouvernement le comprenne enfin, méditant la parole de sagesse que Marguerite Yourcenar prête à l’empereur Hadrien : « Si je méprisais les hommes, je n’aurais aucun droit ni aucune raison d’essayer de les gouverner. »

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