Contributions

Pour une France dynamique et respectueuse de l’environnement, solidaire et républicaine !

Pour un nouveau pacte économique et social, et permettre à chacun de maîtriser sa vie.

Depuis une dizaine d’année, la France traverse une crise profonde. Institutionnelle, économique et sociale, en un mot identitaire, cette crise trouve ses racines dans les conséquences de la mondialisation. En effet, portée par le développement des nouvelles technologies, des télécommunications et des transports, la mondialisation s’est traduite par le renforcement du rôle des places financières et des grand groupes internationaux, poussant ainsi l’ensemble des acteurs économiques et sociaux dans une logique de court terme, d’incertitude, d’accélération des flux, remettant en cause l’efficacité de notre modèle socio-économique. Contraints par ces évolutions, nos responsables politiques et syndicaux ont d’abord cherché à répondre à ces nouvelles problématiques. Cela s’est notamment traduit par la création de l’Euro, le renforcement des grands groupes européens, l’abaissement des coûts de production,... sans mesurer ou maîtriser les conséquences de cette nouvelle donne internationale sur notre modèle économique et social. Conduisant ainsi à une crise identitaire, cristallisée par : 30% de chômage chez les jeunes de – 25 ans, près de 5 millions d’exclu, un démantèlement des services public, une remise en cause du droit du travail, de la santé, de l’éducation, un déficit commercial, une augmentation de la dette, avec pour corollaire une société individualiste et atrophiée.

Aussi est-il urgent de redéfinir un nouveau pacte économique et social pour faire face à cette mondialisation et ses conséquences, en affirmant par la volonté politique de vivre dans une France dynamique et respectueuse de l’environnement (I), solidaire (II) et républicaine (III).

I/ Pour une France dynamique et respectueuse de l’environnement

L’une des priorités pour retrouver le dynamisme de notre société est celle d’affirmer notre identité économique sur la scène internationale. A y regarder de près, la réponse semble triviale étant donner le niveau de qualification de nos concitoyens, envié dans le reste du monde. Par ailleurs, quel que soit les secteurs d’activité, la France est mondialement connue pour son savoir faire, sa créativité et ses produits de qualités... Ainsi, ne pouvant concurrencer les pays producteurs de produits de faible qualité, élaborés par des individus sous payés et sous protégés, la France doit s’affirmer de nouveau comme le pays des lumières, du bien être et non celui des Macdo.

Une fois redéfinie notre identité économique sur la scène internationale, il faut prendre conscience d’une autre réalité. Ce sont les Tpe, les Pme,... qui seront les principales sources de création d’emploi ces prochaines années. D’abord, parce que sont elles qui sont les plus à même de répondre à cette exigence de qualité et de créativité, en ce sens qu’elles sont détentrices d’un savoir-faire, issue d’une spécialisation liée souvent à la passion de l’entrepreneur. De même, parce que ce sont elles qui sont les plus à même de réaliser les innovations de process et de s’adapter rapidement à leur environnement.

Cette évidence reconnue, il s’agit alors de soutenir l’emploi durable au sein des ces petites unités. Cela peut se faire de plusieurs manières : une aide à l’installation, sous forme de subvention à la création de micro entreprises, un allégement des conditions d’embauche, dans les unités de moins de 10 salariés un renforcement de l’accompagnement pour les nouvelles créations d’emplois, pas seulement d’un point de vue financier, mais aussi celui de la formation du nouveau salarié, vis à vis des besoins de l’entreprise.

Il s’agit par ailleurs d’encourager les domaines d’excellence de l’économie française qui n’en manque pas. Cela passe par un soutien à l’innovation, à la recherche tant fondamentale que pratique, mais aussi par une incitation des individus à adopter un comportement coopératif. En effet, nous parlons souvent des innovations fondamentales, mais nous oublions souvent les innovations de process, lesquelles sont basées sur la capacité des individus à échanger l’information dont ils disposent pour améliorer un processus. Ce type d’innovation représente la part majeure des innovations dans une économie de l’information, de l’innovation et de l’excellence, qui présuppose un comportement coopératif, et son dynamisme reflète l’état des relations des individus qui la compose. Cette coopération est ainsi à rechercher à toutes les échelles de la société, à la fois entre des entreprises complémentaires, des entreprises concurrentes, entre les secteurs publics et privés et au sein même de chaque organisation.

Cette question de la coopération passe par la problématique de l’incitation des individus qui composent ces organisations. La base même de ce comportement étant supportée par la confiance, qui s’établit par des rapports de réciprocité, il s’agit d’abord de reconnaître la compétence, de la rémunérer en fonction de sa valeur et de l’inciter à se développer, s’affiner au service d’un objectif commun, que représente l’organisation. Il est vrai que ce point là est certainement le plus révolutionnaire, puisqu’ admettre cela serait reconnaître que l’économie est encastrée dans le social et que la richesse dont nous disposons tient à notre capacité à la révéler dans un comportement coopératif... Ainsi, c’est parce que nous aurons des individus coopératifs que nous aurons une économie dynamique… Par ailleurs, l’incitation passe aussi par une meilleur répartition de la valeur au profit du travail, une réduction de l’échelle des salaires, et une participation des citoyens au capital de l’organisation dans laquelle ils travaillent, à des conditions privilégiées...

De même, dans le souci d’affirmer l’identité de la France et de favoriser son dynamisme sur la scène internationale, nous devons encourager une agriculture qualitative et respectueuse de l’environnement. Là encore de nombreux emplois sont à créer. En effet, la qualité, comme le montre l’élaboration des grands vins de Bourgogne sur des terroirs d’exception (bientôt classés au patrimoine mondiale de l’Unesco, grâce à François Rebsamen), exige plus d’individus à la production. Et si ce n’est pas pour notre consommation personnelle, c’est une identité que nous pourrons exporter, à même de rétablir l’équilibre de notre balance commerciale et de réduire nos déficits. Enfin, c’est en développant une politique territoriale attractive, dont on dispose, si l’on veut bien considérer les atouts économiques de la France, et dont on disposera davantage à condition de redonner confiance aux Français, que nous serons à même de favoriser l’installation d’entreprises innovantes, elles mêmes créatrices d’emplois...

Pour conclure cette partie consacrée au dynamisme, le modèle économique et social français demande a s’affirmer sur la scène internationale, afin d’assimiler la nouvelle donne issue de la mondialisation. Cela passe par un soutien de l’emploi durable au sein des Tpe et Pme à même de porter les domaines d’excellence de l’économie française quel que soit les secteurs d’activités, à condition d’encourager la coopération de tous au service des objectifs communs, indispensable à une économie de l’information, de l’innovation et de l’excellence. Ce dynamisme enfin passe par le soutien au développement d’une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement ainsi que par une politique territoriale attractive.

II/ Pour une France solidaire

En prolongement d’un retour au dynamisme, nous insisterons sur quelques points à même de renforcer notre solidarité nationale, gage même d’une France dynamique et républicaine.

Conséquence directe de la mondialisation qui plonge notre société dans le court terme et l’incertitude, les conditions d’emplois peuvent apparaîtrent comme un risque important pour celui qui le prend. Aussi, il est nécessaire, en premier lieu, de réaffirmer notre solidarité autour du travail, sans lequel nous ne pourrons financer nos besoins collectifs, comme l’éducation, la santé, la solidarité inter-générationnelle... En effet, si la confiance est un élément incontournable de la performance de notre activité économique, nous devons l’assurer, au travers de ce que nous pouvons appeler une couverture universelle professionnelle (la C.U.P). Laquelle assurerait, à tous les individus de la fin de ses études jusqu’à la retraite, un revenu, à condition qu’il soit actif au sein d’une organisation ou en formation pour améliorer ses compétences, à même de le faire vivre et de participer à la solidarité nationale. Ce dispositif révélerait que la solidarité nationale doit s’exprimer par le rapport au travail, l’insertion de l’individu, spécifique et complémentaire, dans la société à même de lui apporter en retour le confort qu’il ne peut obtenir par ses propres moyens (éducation, santé, transport,...). Un dispositif essentiel aussi, en ce sens que la confiance nécessaire à la production de la valeur serait déployée. Permettant ainsi au salarié de trouver un emploi conforme à ses aspirations, et à l’entrepreneur de coopérer avec une personne motivée, performante, proche de ses aspirations personnelles. Peut-il exister de meilleur levier pour obtenir l’implication de tous à la réalisation de l’intérêt général ?

Par ailleurs, il s’agit de réaffirmer le rôle des services publics comme élément fondamental de notre solidarité nationale et de faire face à leur démantèlement. D’abord en matière d’éducation, qui fait de notre pays l’un des plus performants sur la scène internationale.En effet, n’est ce pas là le meilleur exemple de notre savoir-faire, de notre identité, de notre conception du monde et des relations telles que nous les souhaiterions. Ne doit on pas ainsi renforcer les dispositifs de cette formation initiale, afin que chacun puisse s’épanouir, en développant des compétences qu’il pourra mettre au service de ses intérêts comme ceux de la société ? Ne serait-ce pas là encore les tenants et les aboutissements d’une société dynamique ? D’autre part, dans les domaines de la recherche, des transports, de l’énergie, du respect de l’environnement, le service public, n’a t-il pas permis d’entreprendre des recherches qui font aujourd’hui le succès de certaines entreprises françaises sur la scène internationale (Sncf, Edf, Gdf, France Telecom, Total...) et d’explorer des voies alternatives en matière d’énergie, comme avec le nucléaire et les énergies renouvelables. Enfin, la France n’est elle pas enviée mondialement pour la performance de son service de santé, de sa puissance militaire et de son réseau de coopération international ?

Ainsi pour conclure, force est de reconnaître que l’exception française tient aussi à la performance de son secteur public, dont la qualité des services ne pourront s’accroître qu’avec une meilleure qualification et un confort pour tous, et qu’il doit être à ce titre soutenu par les pouvoirs publics. C’est en ce sens que la mise en place de la CUP, révélant notre solidarité nationale par le travail et la confiance partagée, nécessaire à la coopération de tous pour la réalisation d’un projet d’avenir commun, apparaît comme un élément fondamental de notre nouveau pacte social. Et, cela n’est pas une question de moyens, mais plutôt l’expression d’une volonté politique, à même de créer par la loi, la confiance en l’avenir et l’incitation à coopérer pour la réalisation de l’intérêt général.

III/ Pour une France républicaine

Prolongement ultime de ce développement, l’évolution de nos institutions, au travers du mode de représentation et de son exercice, afin de garantir le modèle d’une France républicaine, paraît indispensable. En effet, probablement issue d’une responsabilité partagée, en terme de désengagement à la réalisation de l’intérêt général, il faut aujourd’hui recréer les liens de cette citoyenneté qui doit s’affirmer au plus haut, comme au plus bas de l’état. Cela peut passer par des cours de civisme obligatoire, par la reconnaissance de l’implication des individus au concours du bien commun, comme avec l’exercice obligatoire de travaux d’intérêts publics, ou encore par la sélection des personnes à des fonctions en raison de leurs motivations et de leurs compétences. Enfin, cela passe aussi par la question de la représentation de tous les citoyens dans les organes de décision. L’intérêt général peut-il être seulement le fruit d’une élite formée dans l’optique d’une carrière politique, alors que le mandat exprime la confiance des citoyens d’horizons pluriels ?

Ainsi, le gouvernement de 2007 devra répondre à ces questions de représentation et son mode d’exercice démocratique pour re-créer les liens de la citoyenneté nécessaire à la République ...

IV/ Conclusion

Pour conclure, la crise traversée par la France, en raison des conséquences de la globalisation, trouvera une solution à condition d’affirmer notre identité sur la scène internationale.

Cela passe d’abord par un retour au dynamisme économique, en s’appuyant notamment sur les Tpe et Pme, à même de porter les domaines d’excellence de l’économie française, tout en créant les emplois durables et en réalisant les principales innovations de ces prochaines années. De même, cela nécessite de créer les liens d’une nouvelle solidarité nationale, par une politique de développement du secteur public à même d’apporter le confort de tous les citoyens, et par la mise en place de la CUP, entendu comme clef de voûte de ce nouveau pacte économique et social. Enfin, cela nécessite une puissante volonté politique, à même de créer par sa crédibilité et par la loi, la confiance en l’avenir et l’incitation nécessaire à la coopération de tous les Français, au dessin d’une France dynamique et respectueuse de l’environnement, solidaire et républicaine.

La France apparaît ainsi capable de faire face à la nouvelle donne internationale, à condition de replacer l’individu au centre de la société et des institutions et de réaffirmer des valeurs républicaines dans toutes les dimensions de la société, afin d’inciter les individus à redevenir des citoyens responsables d’eux et de leurs concitoyens.

SD

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